Je constate que depuis des
décennies à chaque nouvelle rentrée scolaire, les mêmes problèmes refont
surface : violences de tout genres, démotivation des élèves à apprendre
additionnée à celle des professeurs qui arrivent en classe la peur au ventre de
se faire poignarder parce qu'ils auraient puni l'adolescent… mais dans quel monde
vit-on ? a chaque rentrée scolaire et universitaire le même cirque
recommence, rares ont étés les ministres de l'Education Nationale des
gouvernements passés à avoir pu faire voter une loi sans créer de polémiques,
de manifestations musclés ou de prises en otage d'établissements. Depuis 1996
aussi loin que JE m'en souvienne, par esprit de contrariété on a l'impression
que les lycéens et étudiants sont manipulés à descendre dans les rues par des
associations diverses et les mouvements de gauche et d'extrème gauche, une
manière de provoquer en toute subjectivité la droite chiraquienne et maintenant
sarkozyste ??!! en refusant tout changement ou modification de ce qui fait
problème (programme scolaire, salaires, status, social, examens et concours…)
en faisant marche arrière à chaque fois que les uns critiquent ou en
s'obstinant à aller jusqu'au bout ; rien ne fonctionne… Pourtant il y a
bien des problèmes O combien complexes au sein de l'Ecole et de l'Université
mais si d'un côté on veut que çà change et que de l'autre on tue dans l'œuf la
moindre tentative de faire bouger les choses ? Où est la
logique là-dedans ? Pourquoi tout ce paradoxe et cette absurde
entêtement ??
Si un réel changement doit
s'opérer, qu'il se fasse avec ou sans l'approbation des masses, pour qu'enfin
on puisse être fier de porter très haut dans toute l'Europe et à travers le
monde les valeurs de l'école française publique et privée... et bien
soit !!! Et comme la polémique est portée, le mieux à mon avis serait de
faire passer les réformes, les décrets et les lois pour le bien commun sans en
faire une monumentale campagne publicitaire hurlée à qui veut l'entendre, mais
en douceur tel un camouflet, peut en importe le prix, du moment que la chose se
fasse : au diable le tollé, une fois que c'est fait, c'est fait. Procédé
totalitaire me direz-vous ? oui et alors !! si çà fonctionne à
échéance, qui s'en plaidra ?
Voici quelques unes des
propositions qui me sont passés par la tête, non exhaustives, toutes
hypothétiques et sans vraiment me faire une idée quand aux conséquences
qu'elles pourraient avoir dans le réel ;
Pour ce qui est de l'école
élémentaire : sensibiliser les enfants au travers de jeux et d'activités
manuelles aux sujets touchant les minorités (la laïcité d'une part et le
religieux de l'autre, les personnes de couleurs et de sensibilité religieuse ou
idéologique différentes, les femmes et les homosexualité notamment) ;
réapprendre le respect entre les personnes et le respect de soi-même
finalement ; le respect des animaux et de la nature ; et en règle
générale, l'indulgence et la tolérance… parce que certains parents abandonnent
un rôle pourtant essentiel, le professeur se doit de jouer celui du médiateur
entre les parents et la société dans laquelle l'enfant devra s'épanouir. Les
grandes villes et la difficulté de rapprochement entre l'école et la famille ne
devrait plus être un problème, si dans les provinces et les villages une telle
chose est possible, elle doit l'être également partout ailleurs !
Au niveau du programme, je pense
qu'il est nécessaire de consacrer une heure ou deux par semaine durant l'année
de CM2 et de façon ludique, à préparer l'enfant à son entrée au Collège, sous
forme de jeu de rôle afin d'appréhender au mieux cette nouvelle expérience
quelque part bouleversante (emploi du temps, différents cours et différents
professeurs, rythme plus soutenu, davantage de devoirs et d'organisation pour
l'élève qui deviendra collégien).
Au collège, il conviendrait de
poursuivre cette campagne de sensibilisation en T.D. et en groupe au travers
d'exposés oraux, écrits, de débats entre professeurs et élèves, le dialogue est
plus que nécessaire à ce niveau… Rien n'est plus insupportable d'écouter
sagement le professeur, de boire ses paroles sans réagir sous prétexte qu'il
détient le savoir. Dans cet optique, le but est de responsabiliser les jeunes
et ainsi combattre les préjugés.
Ma seconde idée se mesure au
niveau de l'intégration et de la responsabilisation ; les élèves
volontaires des classes de 4e et 3e guideraient leurs
cadets de 6e et de 5e ; l'on nommerai un(e) élève
« grand frère » qui serait là pour les conseiller sur les cours, les
démarches administratives, l'accueil, l'accompagnement et la visite des locaux.
Cette démarche relancerai la dynamique de l'implication du parent et/ou du
tuteur dans la vie scolaire et du suivi de l'élève et ce, de manière
systématique. A long terme cela favorisera le développement et l'autonomie dans
le travail et non plus l'assistanat que l'on nous sert encore et
toujours ; il tient de rendre l'élève responsable de ses choix et de son
avenir (encourager les activitées extra-scolaires, associatifs, culturels,
sportifs & les séjours linguistiques au sein même du programme scolaire).
Concernant le programme scolaire
justement, faire la part des choses en laissant souffler le collègien, lui
proposer des alternatifs, ne pas imposer systématiquement telle ou telle chose
qui de toute façon ne le suivront pas dans sa vie future (l'utilisation d'une
équerre ou d'un compas ou les inéquations notamment) des leçons qui ne
l'intéresse pas et de ce fait, ne fera jamais augmenter sa moyenne, au
contraire. Par exemple tout les élèves auraient un programme commun avec les
matières principales (français, anglais, mathématiques,
histoire/géographie/éducation civique, sciences physiques&SVT) mais aussi
d'autres matières au choix (sport, dessin, musique, informatique, langues
vivantes –allemand, italien, espagnol-, ateliers cinéma/théatre/travaux manuels
& jeux de société/ de rôles…)
Je finirai ici en posant la
question de savoir à quoi sert aujourd'hui plus qu'hier le Brevet des Collèges,
appelé autrefois le BEPS qui a mon sens est totalement inutile et désuet ;
il ne sanctionne en rien l'entrée de l'élève dans l'enseignement supérieur, il
n'est pas du tout révélateur des connaissances du collégien et surtout il ne se
limite qu'à trois matières (français, maths, histoire/géo) !!!!??
Dans un prochain texte
j'évoquerai plus en détails la notion de droit et de devoir du professeur et de
l'élève ; le concept de punition est-il nécessaire ou inutile ?
répressif ou constructif ? Je parlerai enfin de la réforme du lycée…
Franck Schweitzer.